mardi 28 mars 2017

Le corps mutilé : le gukuna ( partie :2)

Le "Gukuna" consiste en l’étirement des petites lèvres de la vulve jusqu’à ce qu’elles atteignent une longueur impressionnante. 


ORIGINE :

Cette tradition remonte à plus d'un siècle, à la troisième dynastie de la monarchie rwandaise.  

L'histoire raconte que pendant que le roi était absent lors d'une campagne militaire, la reine demandait qu'un gardien, nommé"Kamagere," ait des rapports sexuels avec elle. 

Kamagere acquiesça, mais il était tellement nerveux au sujet des répercussions possibles que tout son corps tremblait. 

Son pénis, au lieu de pénétrer la reine, se frottait sur ses lèvres et son clitoris, technique connue sous le nom de "kunyaza," le mouvement provoqué par la reine s'appelait "kunyara".

Rite de préparation au mariage,  gage de protection de l’entrée du vagin par les  "rideaux" ainsi créés, gage également d’épanouissement sexuel pour la femme et son partenaire et de fécondité


Cette pratique est censée apporter du plaisir à la femme, de plus, cela donne plus de satisfaction à l’homme qui, par la suite donnera plus de caresses à celle-ci.

À défaut d’être une pratique sexuelle, elle est aussi sociale. 
Une personne ne pratiquant pas le "Gukuna" ne fait pas partie de la normalité, un processus d’exclusion s’opère.
Cette pratique initiatique se comprend comme une préparation de la jeune fille à sa vie de femme adulte et à sa sexualité dans le couple.


PRATIQUES DU GUKUNA :

Pour parvenir à rallonger les petites lèvres vulvaires, plusieurs moyens sont utilisés. Certaines filles préfèrent l'huile de vache. 
" Chaque soir après la douche, avec cette huile entre les mains et les doigts, tu prends les deux lèvres et commence à les rallonger tout doucement. Au fur et a mesure que les jours passent elles se rallongent», détaille Mélissa.
Si l’on arrête avant une certaine période, les efforts risquent d’être vains et les lèvres se rétracter."
Cette étape commence entre dix et onze ans, toujours avant les premières règles, et se poursuit jusqu’à l’adolescence. 
Certaines femmes considèrent qu’il est important de commencer bien avant parce que les menstruations seront plus douloureuses!
Le "gukuna" se pratique en groupe de quatre à dix jeunes filles :
Elles recherchent un emplacement isolé et ombragé (le "gukuna" ne se pratiquant jamais au soleil) où elles apprennent la méthode du massage rituel mutuel par couple. 
Fréquenter ce lieu ensemble crée des liens d’amitié et de solidarité qui peuvent durer toute la vie.


Il existe aussi des plantes que l’on trouve dans la forêt que les filles appliquent pour ramollir leurs lèvres, afin de mieux les tirer.
Parfois, «ce sont les grand-mères ou les tantes qui amenaient les filles dans la brousse, où elles tiraient leurs lèvres».


Le "gukuna" est une pratique rituelle, encore en cours dans plusieurs pays d’Afrique (Rwanda, Zimbabwe, Ouganda, Burundi, Tanzanie) également classée par l’OMS dans la catégorie des mutilations sexuelles.

mercredi 22 mars 2017

Dom Bougre, portier des Chartreux ( partie :3)

L’Histoire de Dom Bougre, portier des Chartreux est un roman libertin de 1741 attribué à l’avocat Gervaise de Latouche.
Dénonciation sur le mode ludique de la luxure du clergé au XVIIIe siècle, ce roman érotique – un des classiques du genre – est avant tout un roman d’initiation au plaisir qui avance, en plein siècle des Lumières
 

Lors de sa parution en 1741, il fit très rapidement l’objet d’une grande curiosité et ne cessa d’être réédité, sous le manteau, tout au long du XVIII ème siècle.

Dom Bougre désignerait le célèbre moine débauché abbé Desfontaines et décrirait ses aventures rocambolesques, libertines et licencieuses.
Le roman  relate les aventures de Saturnin, un jeune homme de treize ans qui a été élevé par un jardinier, Ambroise, lui-même marié à Toinette. 
Dès son plus jeune âge, Saturnin semble déjà présenter certaines dispositions, et l’œuvre se veut une éducation sexuelle et sentimentale. 


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Extraits :
.../Un jour qu’on me croyait à l’école, j’étais resté dans un petit réduit où je couchais : une simple cloison le séparait de la chambre d’Ambroise, dont le lit était justement appuyé contre ; je dormais ; il faisait une extrême chaleur : c’était dans le cœur de l’été ; je fus tout à coup réveillé par de violentes secousses que j’entendis donner à la cloison. 
Je ne savais que penser de ce bruit ; il redoublait.

En prêtant l’oreille, j’entendis des sons émus et tremblants, des mots sans suite et mal articulés.
" Ah ! doucement, ma chère Toinette, ne va pas si vite ! Ah ! coquine ! tu me fais mourir de plaisir !... Va vite... Eh ! vite... Ah !... je me meurs !... "

Surpris d’entendre de pareilles exclamations, dont je ne sentais pas toute l’énergie, je me rassis ; à peine osais-je remuer.
Si l’on m’avait su là, j’avais tout à craindre ; je ne savais quoi penser, j’étais tout ému. 

L’inquiétude où j’étais fit bientôt place à la curiosité. J’entendis de nouveau le même bruit, et je crus distinguer qu’un homme et Toinette répétaient alternativement les mêmes mots que j’avais déjà entendus. Même attention de ma part. 
L’envie de savoir ce qui se passait dans cette chambre devint à la fin si vive qu’elle étouffa toutes mes craintes. Je résolus de savoir ce qu’il en était.

Je serais, je crois, volontiers entré dans la chambre d’Ambroise pour voir ce qui s’y passait, au risque de tout ce qui aurait pu arriver. Je ne fus pas à cette peine. En cherchant doucement avec la main si je ne trouverais pas quelque trou à la cloison, j’en sentis un qui était couvert par une grande image.

Je la perçai et me fis jour. Quel spectacle !


Toinette nue comme la main, étendue sur son lit, et le père Polycarpe, procureur du couvent, qui était à la maison depuis quelque temps, nu comme Toinette, faisant... quoi ? ce que faisaient nos premiers parents, quand Dieu leur eut ordonné de peupler la terre, mais avec des circonstances moins lubriques.





Cette vue produisit chez moi une surprise mêlée de joie et d’un sentiment vif et délicieux qu’il m’aurait été impossible d’exprimer.

Je sentais que j’aurais donné tout mon sang pour être à la place du moine.Que je lui portais d’envie ! que son bonheur me paraissais grand !
Un feu inconnu se glissait dans mes veines ; j’avais le visage enflammé, mon cœur palpitait, je retenais mon haleine, et la pique de Vénus, que je pris à la main, était d’une force et d’une roideur à abattre la cloison, si j’avais poussé un peu fort. Le père fournit sa carrière, et en se retirant de dessus Toinette, il la laissa exposée à toute la vivacité de mes regards.

Elle avait les yeux mourants et le visage couvert du rouge le plus vif. Elle était hors d’haleine ; ses bras étaient pendants, sa gorge s’élevait et se baissait avec une précipitation étonnante. Elle serrait de temps en temps le derrière, en se roidissant et en jetant de grands soupirs.

Mes yeux parcouraient avec une rapidité inconcevable toutes les parties de son corps ; il n’y en avait pas une sur laquelle mon imagination ne collât mille baisers de feu. Je suçais ses tétons, son ventre ; mais l’endroit le plus délicieux, et de dessus lequel mes yeux ne purent plus s’arracher, quand une fois je les y eus fixés, c’était... Vous m’entendez.

Que cette coquille avait pour moi de charmes !

Ah ! l’aimable coloris !

Quoique couverte d’une petite écume blanche, elle ne perdait rien à mes yeux de la vivacité de sa couleur.

Au plaisir que je ressentais, je reconnus le centre de la volupté, Il était ombragé d’un poil épais, noir et frisé. 

Toinette avait les jambes écartées, il semblait que sa paillardise fût d’accord avec ma curiosité pour ne me rien laisser à désirer !




Le moine, ayant repris vigueur, vint de nouveau se présenter au combat ; il se remit sur Toinette, avec une nouvelle ardeur ; mais ses forces trahirent son courage, et, fatigué de piquer inutilement sa monture, je le vis retirer l’instrument de la coquille de Toinette, lâche et baissant la tête.

Toinette,dépitée de sa retraite, le prit et se mit à le secouer ; le moine s’agitait avec fureur et paraissait ne pouvoir plus supporter le plaisir qu’il ressentait.

J’examinais tous leurs mouvements sans autre guide que la nature, sans autre instruction que l’exemple, et, curieux de savoir ce qui pouvait occasionner ces mouvements convulsifs du père, j’en cherchais la cause en moi-même. J’étais surpris de sentir un plaisir inconnu qui augmentait insensiblement, et devint enfin si grand que je tombai pâmé sur mon lit.

La nature faisait des efforts incroyables, et toutes les parties de mon corps semblaient fournir au plaisir de celle que je caressais.

Il tomba enfin de cette liqueur blanche dont j’avais vu une si grande profusion sur les cuisses de Toinette.

Je revins de mon extase et retournai au trou de la cloison; il n’était plus temps : le dernier coup était joué, la partie était finie. Toinette se rhabillait, le père l’était déjà.





Je restai quelque temps l’esprit et le cœur remplis de l’aventure dont je venais d’être témoin, et dans cette espèce d’étourdissement qu’éprouve un homme qui vient d’être frappé par l’éclat d’une lumière étrangère.

J’allais de surprise en surprise ; les connaissances que la nature avait mises dans mon cœur venaient de se développer, les nuages dont elle les avaient couvertes s’étaient dissipés. Je reconnus la cause des différents sentiments que j’éprouvais tous les jours à la vue des femmes.

Ces passages imperceptibles de la tranquillité aux mouvements les plus vifs, de l’indifférence aux désirs, n’étaient plus des énigmes pour moi.

Ah ! m’écriai je, qu’ils étaient heureux ! la joie les transportait tous deux.

L’idée de ce bonheur m’absorbait ; elle m’ôtait pour un moment tout pouvoir d’y réfléchir.

Un silence profond succédait à mes exclamations.