mercredi 2 août 2017

Le corps mutilé : l'excision, l'infibulation ( partie : 3)

"L'excision" est l'ablation d'une partie plus ou moins importante du clitoris et des petites lèvres.
Cette mutilation est surtout le fait d'ethnies vivant en Afrique de l'Ouest : les pays les plus concernés par l'excision sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le nord du la Guinée, la Guinée Bissaü, le Kenya ( excision interdite depuis 2011) le Mali, la Mauritanie, le Nigeria, l'Ouganda, le Sénégal, la Sierra Leone,la Tanzanie, le Togo, le Tchad.


Extrait : 
Document par  Khady,  Mutilée - édition Oh - Firmin Didiot- 2005

... Deux femmes m'ont attrapée et traînée dans la pièce. L'une derrière moi,me tient la tête et ses genoux écrasent mes épaules de tout leur poids pour que je ne bouge pas; l'autre me tient aux genoux, les jambes écartées. L'immobilisation dépend de l'âge de la petite fille, et surtout de sa précocité. La dame chargée de l'opération dispose d'une lame de rasoir par fille, que les mères ont achetées pour l'occasion.
Elle tire avec ses doigts, le plus possible, ce minuscule morceau de chair et coupe comme si elle tranchait un morceau de viande de zébu. Malheureusement, il lui est impossible de le faire en un seul geste. Elle est obligée de scier...
La femme coupe, cisaille et se moque...
Les hurlements que j'ai poussée me résonnent encore aux oreilles...Le sang a giclé sur sa figure.C 'est une douleur inexplicable, qui ressemble à aucune autre...
Lorsqu'elle a arrêté de cisailler. elle éponge le sang qui coule en abondance avec un morceau de tissu trempé d'eau tiède. Ensuite, elle applique du beurre de karité mélangé à de la suie, noire, pour éviter les infections...
Quand "la dame forgeronne" a terminé sa tâche et fini de couper tout le monde, les femmes ont nettoyé la pièce du sang des "purifiées" avant de sortir de la chambre...

" L'infibulation" est une excision complétée par l'abrasion des grandes lèvres dont les deux moignons sont suturés bord à bord.
La vulve est alors remplacée par une cicatrice fibreuse, l'ouverture vaginale disparaît pour laisser place à un minuscule orifice pour l'écoulement des règles et des urines.
L'infibulation est surtout pratiquée en Afrique de l'Est: à Djibouti, en Egypte, dans quelques régions d'Ethiopie, au Mali, en Somalie, dans le nord du Soudan.


ORIGINE :
L’origine des mutilations génitales féminines, tant au niveau historique que géographique, n’est pas précisément connue.

Elles seraient apparues après la pratique de la circoncision masculine attestée en Égypte antique, les Phéniciens,  les Hittites, les Ethiopiens, dès le III ème millénaire avant J.-C. (Erlich, 1986).

Cependant, il existe des textes antiques qui témoigneraient de sa pratique bien avant l'apparition des religions révélées monothéistes, dans des communautés qui les perpétuent de nos jours.

Il semblerait que l'excision des femmes Égyptiennes remonte à plus de cinq milles ans avant Jésus-Christ, et qu'elle aurait été pratiquée à l'époque des pharaons.
On a pu retrouver des momies égyptiennes excisées, de forme spécifique, qui conduisit à l'usage du terme «excision pharaonique» pour désigner l'infibulation.

L'excision se pratiquait aussi en Europe au 18ème, 19ème et même début du 20ème siècle.
Le gynécologue, Isaac Baker Brown (1811-1873), membre du "Royal College of Surgeons" (1848) et président de la "Medical Society of London" (1865), pratiquait déjà couramment l'intervention chirurgicale de la clitoridectomie et recommandait son usage pour soigner plusieurs conditions d'épilepsie, d'hystérie et de catalepsie.

Lire ou relire  sur ce blog deux articles  publiés :

- La nymphomanie ou la fureur utérine :
http://saadienne.blogspot.fr/2015/03/la-nymphomanie-ou-traite-de-la-fureur.html
http://saadienne.blogspot.fr/2015/03/la-nymphomanie-ou-traite-de-la-fureur_17.html

- l'onanisme au 19ème siècle  :
http://saadienne.blogspot.fr/2012/05/autrefois-lonanisme-au-18-et-19-eme.html
http://saadienne.blogspot.fr/2012/05/autrefois-lonanisme-au-18-et-19-eme_08.html


Il revendiquait même, dans son diagnostique, que la masturbation féminine était à l'origine de ces maladies nerveuses.

CLASSIFICATION DES MUTILATIONS :
Les jeunes femmes sont excisées, généralement par des femmes plus âgées appartenant à la même ethnie: généralement des matrones de la caste, traditionnellement habilitées, qui opèrent soit chez elles, soit chez les parents et se font rémunérer par des cadeaux de toutes sortes.  



L’exciseuse tranche à vif le sexe de l’enfant soit avec une lame de rasoir, soit un couteau à lame souple ou même une paire de ciseaux.



  • Type I- clitoridectomie: 
Incision du prépuce (bourrelets de peau entourant le clitoris) avec ablation partielle ou totale du clitoris (partie génitale externe sensible et érectile de la femme).

  • Type II-excision:
Ablation du clitoris, et souvent des petites lèvres; elle est la plus fréquemment pratiquée.

  • Type III-infibulation ou excision pharaonique:
Excision partielle ou totale des organes génitaux externes, suivie de la suture des grandes lèvres avec rétrécissement de l'orifice vaginal pour ne laisser passer que l'urine et le flux sanguin menstruel.

  • Introcision IV : 
Cette de mutilation est pratiquée par les aborigènes Pitta-Patta d'Australie : Lorsqu'une fillette atteint la puberté, l'ensemble de la tribu (des deux sexes) se réunit.
L'officiant, un homme âgé, élargit l'orifice vaginal en le déchirant vers le bas à l'aide de trois doigts attachés par une ficelle d'opossum. 

Dans d’autres régions, le périnée est déchiré à l’aide d’une lame en pierre. 
Cette opération est généralement suivie d’actes sexuels, sous la contrainte, avec de nombreux jeunes hommes.

Les complications immédiates peuvent être douleur violente, choc, hémorragie, tétanos ou septicémie (infection bactérienne), rétention d'urine, ulcération génitale et lésion des tissus génitaux adjacents.

L'introcision est également pratiquée au Pérou, notamment chez les Conibos, branche des indiens Panos dans le Nord-Est du pays : dès qu'une fillette atteint sa maturité, elle est droguée et soumise à des mutilations devant son groupe.


Des herbes médicinales sont ensuite appliquées avant d'introduire dans le vagin un objet légèrement humecté, en forme de verge, fabriqué en terre cuite.

  • Autres types non répertoriés de mutilations sexuelles féminines :
Perforation, perçage ou incision du clitoris et/ou des lèvres; étirements du clitoris et/ou des lèvres; cautérisation par brûlure du clitoris et des tissus qui l'entourent; curetage (scarification angurya) de l'orifice vaginal ou scarification (gishiri) du vagin; introduction de substances corrosives dans le vagin pour provoquer des saignements ou introduction d'herbes, toujours dans le vagin, dans le but de le resserrer ou de le rétrécir; toute autre procédure qui correspond à la définition des mutilations sexuelles féminines ci-dessus. 
L'opération est pratiquée par une femme âgée, à l'aide d'une lame en bambou.  consistant à découper l'hymen à l'entrée du vagin et à le séparer des lèvres, tout en exposant le clitoris. 

Les suites "opératoires" sont souvent grevées de complications infectieuses importantes.

CONSÉQUENCES MÉDICALES :
Les conséquences des mutilations génitales féminines varient selon le type et la gravité de l'acte pratiqué.

Il existe des conséquences immédiates et d’autres tardives.
-  Les conséquences immédiates sont le décès par choc et hémorragie, la douleur aiguë, les infections locales avec parfois un risque de transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) , des lésions traumatiques des organes de voisinage (vessie, anus), la rétention d’urine liée à la douleur, les plaies, …
Les complications tardives sont fréquentes et surtout en cas d’infibulation avec une gêne pour uriner, pour les rapports sexuels, parfois pour les règles et les complications obstétricales.
Des complications sur la sexualité surviennent fréquemment avec angoisse au moment du démarrage de l’activité sexuelle, dyspareunie et frigidité.
 - Les complications psychologiques sont d’autant plus importantes que les mutilations sont pratiquées tardivement avec des  troubles du comportement, anxiété, dépression, irritabilité chronique ou frigidité.

CULTURES ET SOCIÉTÉS
Ces mutilations font partie de la culture des sociétés qui la pratiquent, où l’autorité, le contrôle de la sexualité et de la fécondité de la femme sont clairement établis.
Elles correspondent à des coutumes variables suivant les sociétés (virginité au mariage, fidélité, obligatoire, phobies concernant le sexe de la femme d’où une purification nécessaire...
Les femmes subissent le contrôle social de leur famille, et plus généralement
de la société à laquelle elles appartiennent.

Toutes ont pour but de permettre l’accession à un statut social : le mariage. Dans les sociétés concernées, traditionnellement l’homme ne veut pas d’une femme non excisée et la femme accepte l’excision pour pouvoir se marier.

Pratique barbare totalement interdite par la loi française. 
Sévèrement punie, elle continue à se pratiquer, surtout dans certaines zones d'Afrique et parmi la population venant de ces régions qui vit en France.


RECONSTRUIRE/REPARER
Un chirurgien français, le Dr Pierre Foldès opère et répare les excisions.

Depuis trente ans, depuis qu'il a découvert une technique opératoire pour réparer leur clitoris, ce chirurgien soulage la souffrance des femmes excisées à travers le monde.
Après avoir arrangé les cicatrices, il fait ressortir une partie du clitoris enfouie pour le ramener à la surface. (un clitoris mesure plusieurs centimètres de profondeur sous la peau)

"Il faut savoir que lors de l’excision du clitoris, on enlève relativement peu de cet organe. Je me suis aperçu que la majorité du clitoris est en réalité comme 
"enfoui’’, hors de portée des exciseurs ou des exciseuses. 
Pour ce qui est de la reconstruction on procède à l’ablation de la zone abimée et ou cicatricielle puis, avec les autres parties, on refait un clitoris. Ce qui permet en pratique de retrouver un organe vivant».
"L’intervention, assez rapide, se pratique sous anesthésie générale.
Ce n’est qu’après que le vrai combat commence: celui des femmes mutilées qui doivent véritablement apprendre à prendre du plaisir." 
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Sources :
 Elles sont nombreuses sur la toile.


mardi 25 juillet 2017

Fredillo : feuilles à l'envers recueillies par un bourguignon salé ( partie : 3 )

Feuilles à l'envers recueillies par un bourguignon salé.  
(vers 1895-1900)

Chaque scène illustrée par l'artiste, porte un titre et un poème pornographique.


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5/ LES DEUX PARADIS :


J’aime ce qui semblable à quelques fleurs mystiques
S’épanouit ainsi qu’un lotus rose et noir
Près du val de ton sexe, ô femme ! et chaque soir
Je veux en effeuiller un pli problématique.

Avec sa porte à deux battants, son promenoir
J’aime ton con, plus vaste et plus énigmatique,
Calice humide où pleut l’averse spermatique,
Et qui sert à mon nœud de cuve et d’entonnoir.

Évoluant de l’un à l’autre en mes caresses,
Du dôme de ton ventre aux rondeurs de tes fesses,
J’explore le versant, le gouffre et le sommet :

Et je crois, énervé de volupté subtile,
Entrevoir dans ton cul le ciel de Mahomet,
Et dans ton con le paradis de l’évangile.



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6/ JÉSUS, MON BIEN - AIME :


 
Jésus, mon bien aimé, dans un nimbe d’opale
Et d’azur, m’apparaît dans le ciel radieux ;
Il s’avance vers moi, sa face auguste et pâle
Souris à mon sourire, et ses yeux à mes yeux.

Oh bonheur ! il approche et sa bouche divine
Distille entre mes dents le miel de son baiser ;
Il écrase mes seins nus contre sa poitrine
Je sens des bras serrer mes reins à les briser.

Dieu ! son corps à mon corps qui s’enflamme se mêle
Et se fond dans ma chair où passe un flot brûlant,
Et sa lèvre amoureuse aspire à la mamelle
L’ardente volupté qu’il verse dans mon flanc.

Oh  délire ! je sens ta brûlante rosée
Dans mon sein frémissant se répandre, ô seigneur !
Ô doux Jésus ! divin seigneur, je suis brisée
Et j’expire en tes bras d’amour et de bonheur.

C’est ainsi qu’au couvent rêve mainte nonnette
En se branlant d’un doigt léger dans sa couchette.